De la vente au cadran à la table du soir
Dix-huit mois de chantier, six personnes et une règle : ne rien jeter de ce qui racontait la criée.
Ce que nous avons refusé de démonter

Le tableau des cours occupe encore tout le mur nord. Les chiffres à la craie datent d'une vente de 1962 et personne n'a le droit d'y toucher.
Les deux bascules servent de guéridons près de l'entrée. Elles pèsent toujours juste, ce que les habitués vérifient à peu près chaque semaine.
L'estrade du commissaire-priseur porte maintenant le comptoir : même hauteur, même vue sur la salle, même façon de parler fort une fois par heure.
Six personnes
L'équipe complète, cuisine et comptoir compris.
Trente-deux couverts
La salle avant, en un seul service.
Cinq tapis
Le fond de la halle, à son propre rythme.
Trois lignes, pas une de plus
Une partie se joue pour les points : aucune mise, aucun gain, aucune dette entre joueurs.
La carte suit les bateaux : rien de débarqué, ligne supprimée — jamais remplacée par un produit surgelé.
Personne ne repart au volant après une soirée arrosée sans qu'un taxi ait été proposé d'abord.