Les usages de la halle
Une feuille punaisée à côté de la cloche depuis le premier service. Cinq réponses, quatre lignes, et rien qui change d'un soir à l'autre.
Ce que la feuille répond
- Qui peut entrer ?
- Toute personne majeure, restaurant compris. Une pièce d'identité peut être demandée à la porte comme au bord d'un tapis, et l'équipe peut refuser l'entrée sans avoir à s'en expliquer.
- Et les animaux ?
- Les chiens guides suivent leur maître. Les autres attendent dehors, sur le quai.
- Que vaut un jeton ?
- Rien. Il compte les points d'un soir, appartient à la halle, ne s'achète pas, ne se revend pas et ne se change nulle part.
- Et si de l'argent apparaît sur un tapis ?
- La donne s'arrête immédiatement, et la soirée s'arrête là pour les joueurs concernés : aucune somme ne passe d'une main à l'autre dans ce bâtiment.
- Peut-on photographier ?
- Sa propre table, oui ; celle des voisins, seulement avec leur accord. Le tableau des cours se photographie autant qu'on veut, mais ne se touche pas : la craie de 1962 est irremplaçable.
Quatre gestes qui reviennent chaque soir
Elle annonce à l'heure juste : places libérées, tables cherchant un quatrième, dernier lot de la nuit.
Elle peut déplacer un joueur d'un tapis à l'autre pour qu'aucune table ne tourne à trois.
Elle fournit les jeux, refuse les paquets personnels sur les tapis, et raye les carnets de points à la fermeture.
Elle arrête le service de cidre pour qui paraît fatigué, appelle un taxi sur simple demande et fait couper les sonneries : les appels se prennent sur le pas de la porte.